Chansons pour les mois d'hiver

11 morceaux

  • 01

    Feignez de dormir

    Paroles

    Feignez de dormir

    Feignez de dormir

    Prêtez-moi vos peines

    Laissez-moi souffrir

    De votre semaine

    Laissez-moi mourir un peu

    De vos déchirures

    Je serai votre milieu

    Et votre doublure

    Prenez-moi le cœur

    Je suis votre gare

    Et changez vos peurs

    Contre ma guitare

    Laissez-moi subir pour vous

    Ce lourd héritage

    Laissez-moi mêler l'amour

    Avec le courage

    Donnez-moi le mal

    De vos souvenances

    Je suis l'amiral

    De vos oubliances

    Je veux souffrir vos hivers

    Vivre vos gerçures

    Changer pour mon univers

    Votre sépulture

    Pour calmer vos pleurs

    Pour sécher vos peines

    Je m'ouvrirais le cœur
    De l'épaule à l'aine

  • 02

    Chanson pour les mois d'hiver

    Paroles

    Chanson pour les mois d'hiver

    Chanson pour les mois d’hiver

    Chanson pour rêver, chanson douce-amère

    En plein cœur de décembre

    Il tombe des étoiles de neige



    L’automne est déjà loin derrière

    La forêt enneigée calme les colères

    Il y a ce silence qui hante

    Les montagnes et la plaine



    Allume le feu, réchauffe-moi, tant que tu peux

    Chante-moi un air

    Ta chanson pour les mois d’hiver

    Celle qui dans tes yeux, éclaire ton âme, comme le feu

    Moi, j’éteins la lumière

    Y a plus que nous deux sur la Terre



    Ici, il n’y pas de misère

    Il n’y a que la vie, l’amour et l’hiver

    Et puis on est ensemble, si tendres

    Le cœur grand ouvert



    Je ne pense plus à la mer

    Emmitouflée dans tes yeux, dans l’univers

    J’ne veux plus redescendre la pente

    J’veux rester dans l’hiver



    Allume le feu, réchauffe-moi, tant que tu peux

    Chante-moi un air

    Ta chanson pour les mois d’hiver

    Celle qui dans tes yeux, éclaire ton âme, comme le feu

    Moi, j’éteins la lumière

    Y a plus que nous deux sur la Terre



    Et loin de nous les inquiétudes du temps

    Ici, y a qu’toi et moi et le vent

    J’regarde nos pas dans la neige et je ressens

    Nos cœurs battants

    Sur tapis blanc



    La, la, la, la, la, la, la

    Hum, hum, hum, hum…



    Allume le feu, réchauffe-moi, tant que tu peux

    Chante-moi un air

    Ta chanson pour les mois d’hiver

    Celle qui dans tes yeux, éclaire ton âme, comme le feu

    Moi, j’éteins la lumière
    Y a plus que nous deux sur la Terre

  • 03

    L'amitié

    Paroles

    L'amitié

    Beaucoup de mes amis sont venus des nuages

    Avec soleil et pluie comme simples bagages

    Ils ont fait la saison des amitiés sincères

    La plus belle saison des quatre de la Terre



    Ils ont cette douceur des plus beaux paysages

    Et la fidélité des oiseaux de passage

    Dans leur cœur est gravée une infinie tendresse

    Mais parfois dans leurs yeux se glisse la tristesse



    Alors, ils viennent se chauffer chez moi

    Et toi, aussi, tu viendras



    Tu pourras repartir au milieu des nuages

    Et de nouveau sourire à bien d'autres visages

    Donner autour de toi un peu de ta tendresse

    Lorsqu'un autre voudra te cacher sa tristesse



    Comme l'on ne sait pas ce que la vie nous donne

    Il se peut qu'à mon tour je ne sois plus personne

    S'il me reste un ami qui vraiment me comprenne

    J'oublierai à la fois mes larmes et mes peines



    Alors, peut-être, je viendrai chez toi
    Chauffer mon cœur à ton bois

  • 04

    Hors-saison

    Paroles

    Hors-saison

    C'est le silence

    qui se remarque le plus,

    les volets roulants tous descendus,

    de l'herbe ancienne

    dans les bacs à fleurs

    sur les balcons,

    on doit être hors-saison.



    La mer quand même,

    dans ses rouleaux continue

    son même thème,

    sa chanson vide et têtue

    pour quelques ombres perdues

    sous des capuchons,

    on doit être hors-saison.



    Le vent transperce

    ces trop longues avenues,

    quelqu'un cherche une adresse inconnue,

    et le courrier déborde

    au seuil des pavillons,

    on doit être hors-saison.



    Une ville se fane

    dans les brouillards salés,

    la colère océane est trop près.

    Les tourments la condamnent

    aux écrans de fumée,

    personne ne s'éloigne du quai.



    On pourrait tout prendre :

    les murs, les jardins, les rues.

    On pourrait mettre

    aux boîtes aux lettres nos prénoms dessus,

    ou bien peut-être un jour

    les gens reviendront,

    on doit être hors-saison.



    La mer quand même

    dans ses rouleaux continue

    son même thème,

    sa chanson vide : « où es-tu ? »

    Tout mon courrier déborde

    au seuil de ton pavillon,

    on doit être hors-saison...



    Une ville se fane

    dans les brouillards salés,

    la colère océane est trop près.

    Les tourments la condamnent

    aux écrans de fumée,

    personne ne s'éloigne du quai.

  • 05

    Le patineur

    Paroles

    Le patineur

    Dans une ville où je passais...

    Bien au nord du mois de juillet,

    Sur un grand lac, un lac gelé,

    Un homme en noir glissait, glissait.



    Il avait un drôle d'habit noir

    Qui avait dû faire les grands soirs

    De l'Autriche et de la Hongrie,

    Quand elles étaient réunies.



    C'était un échassier bizarre.

    Il ne sort pas de ma mémoire.

    Sur une jambe et jusqu'au soir,

    Il glissait là sur son miroir...



    Il patinait, il patinait...

    Sur une jambe, il patinait.



    Et puis la nuit est arrivée.

    Il lui a fallu s'arrêter

    Car les enfants devaient rentrer.

    Le spectacle était terminé.



    Une belle femme aux cheveux blancs

    Est venue vers lui, gentiment,

    Mettre une canne dans sa main

    Et un grand manteau sur ses reins.



    C'était un échassier bizarre.

    Il ne sort pas de ma mémoire.

    Sur une jambe et jusqu'au soir,

    Il glissait là sur son miroir...



    Il patinait, il patinait...

    Sur une jambe, il patinait.



    Dans une ville où je passais...

    Bien au nord du mois de juillet,

    Sur un grand lac, un lac gelé,

    Un homme en noir boîtait, boîtait...



    Il patinait, il patinait, il patinait, il patinait.

  • 06

    La ballade du chien-loup

    Paroles

    La ballade du chien-loup

    Priez pour le pauvre chien-loup

    Sa louve est partie

    Il la cherche comme un fou

    De fermes en prairies

    Mais le fleuve est en crue

    Et les routes inondées

    La terre a disparu

    Et les ponts sont tombés



    Il a perdu sa trace

    Et il va n'importe où

    C'est partout l'impasse

    L'absence est partout

    Et les grillons lui brisent

    Le cœur de leur chant

    Son courage s'enlise

    Dans le soleil couchant



    Il croit l'apercevoir

    Par-dessus les fougères

    Traversant le soir

    De sa course légère

    Mais oui c'est bien elle

    Son allure un peu folle

    Ses façons de gazelle

    On dirait qu'elle vole



    Elle est là toute proche

    C'est bien son odeur

    Il tourne, il s'accroche

    À son ancien bonheur

    Et le jour se lève

    Il ne l'a pas trouvée

    Excepté en rêve

    Il s'endort épuisé



    Priez pour le pauvre chien-loup

    Sa louve est partie

    Il la cherche comme un fou

    De fermes en prairies

    Mais le matin est froid

    Et son cœur s'éveille

    Battant plus qu'autrefois

    Mais moins fort que la veille



    Soudain elle est là

    Au bord du chemin

    Elle ne regarde pas

    Son compagnon lointain

    Il se couche près d'elle

    Il lui fait la cour

    Et ses beaux yeux fidèles

    Lui demandent l'amour



    Priez pour le pauvre chien-loup

    Sa louve est revenue

    Le collier autour du cou

    Mais le cœur n'y est plus

    Elle a couru le monde

    Connu la liberté

    Les journées sont plus longues

    Quand on est attaché



    Et il la regarde

    Tout en sachant trop bien

    Qu'il est un chien de garde

    Qui ne garde plus rien

    Qui leur a mis la laisse ?

    D'où vient leur servitude ?

    L'amour ou la faiblesse

    Le maître ou l'habitude



    Priez pour le pauvre chien-loup

    Sa louve est partie

    Il la cherche comme un fou

    De plaines en prairies

    Mais le fleuve est en crue

    Et les routes inondées

    La terre a disparu

    Et les ponts sont tombés



    Il a perdu sa trace

    Et il va n'importe où

    C'est partout l'impasse

    L'absence est partout

    Et les grillons lui brisent

    Le cœur de leur chant

    Son courage s'enlise

    Dans le soleil couchant



    Ou ou ou…

  • 07

    Je reviens chez vous

    Paroles

    Je reviens chez vous

    Il a neigé à Port-au-Prince

    Il pleut encore à Chamonix

    On traverse à gué la Garonne

    Le ciel est plein bleu à Paris



    Ma mie, l'hiver est à l'envers

    Ne t'en retourne pas dehors

    Le monde est en chamaille

    On gèle au sud, on sue au nord



    Fais du feu dans la cheminée

    Je reviens chez nous

    S'il fait du soleil à Paris

    Il en fait partout



    La Seine a repris ses vingt berges

    Malgré les lourdes giboulées

    Si j'ai du frimas sur les lèvres

    C'est que je veille à ses côtés



    Ma mie, j'ai le cœur à l'envers

    Le temps ravive le cerfeuil

    Je ne veux pas être tout seul

    Quand l'hiver tournera de l'œil



    Fais du feu dans la cheminée

    Je reviens chez nous

    S'il fait du soleil à Paris

    Il en fait partout



    Je rapporte avec mes bagages

    Un goût qui m'était étranger

    Moitié dompté, moitié sauvage

    C'est l'amour de mon potager



    Fais du feu dans la cheminée

    Je reviens chez nous

    S'il fait du soleil à Paris

    Il en fait partout



    Fais du feu dans la cheminée

    Je rentre chez moi

    Et si l'hiver est trop buté
    On hibernera

  • 08

    Déranger les pierres

    Paroles

    Déranger les pierres

    Je veux mes yeux dans vos yeux

    Je veux ma voix dans votre oreille

    Je veux les mains fraîches du vent

    Je veux encore le mal d'aimer

    Le mal de tout ce qui émerveille

    Je veux encore brûler douc’ment

    Marcher à deux pas du soleil



    Et je veux déranger les pierres

    Changer le visage de mes nuits

    Faire la peau à ton mystère

    Et le temps, j'en fais mon affaire



    Je veux ton rire dans ma bouche

    Je veux tes épaules qui tremblent

    Je veux m'échouer tendrement

    Sur un paradis perdu

    Je veux retrouver mon double

    Je veux l'origine du trouble

    Je veux caresser l'inconnu



    Et je veux déranger les pierres

    Changer le visage de mes nuits

    Faire la peau à ton mystère

    Et le temps, j'en fais mon affaire



    Je veux mourir un dimanche

    Au premier frisson du printemps

    Sous le grand soleil de Satan

    Je veux mourir sans frayeur

    Fondue dans un sommeil de plomb

    Je veux mourir les yeux ouverts

    Le nez au ciel comme un mendiant



    Et je veux déranger les pierres

    Changer le visage de mes nuits

    Faire la peau à ton mystère

    Et le temps, j'en fais mon affaire

  • 09

    Tennesse Waltz

    Paroles

    Tennesse Waltz

    I was dancing with my darling

    To the Tennessee Waltz

    When an old friend I happened to meet

    I introduced her to my darling

    And while they were dancing

    My friend stole my sweetheart from me



    I remember the night

    And The Tennessee Waltz

    I know now just what I have lost

    Yes I lost my little darling

    The night they were playing

    The beautiful Tennessee Waltz



    I remember the night

    And The Tennessee Waltz

    I know now just what I have lost

    Yes I lost my little darling

    The night they were playing

    The beautiful Tennessee Waltz

    Oh the beautiful Tennessee Waltz

  • 10

    Shefferville, le dernier train

    Paroles

    Shefferville, le dernier train

    Il n'y a plus rien au Roxy, depuis quelques mois

    Y'a de la neige dans la porte du vieux cinéma

    Dans la rue un chien jappe et se prend pour un loup

    La nuit tombe sur la ville qui m'a donné le jour



    À la brasserie, ça chante plus fort que d'habitude

    Pour la fête à Johnny qui s'en retourne dans le sud

    Mais le sud de Schefferville c'est pas la Jamaïque

    C'est Québec ou Matane ou le Nouveau-Brunswick



    En novembre passé, ils ont fermé la mine

    J'ai vu pleurer mon père, sur la table d’la cuisine

    C'était pas tant de perdre une job assurée

    Que de voir s'évanouir le rêve de trente années



    Quand je suis venu au monde, ils étaient jeunes mariés

    Venus trouver l'amour et la prospérité

    Dans une ville inventée par une grosse compagnie

    En plein nord, en plein froid et en plein paradis



    Aujourd'hui ça m'fait mal de voir tout l’monde partir

    C'est icitte que j'suis né, c'est là que j'veux mourir

    Avec une caisse de douze, une aurore boréale

    Et la femme de ma vie couchée sous les étoiles

    Couchée sous les étoiles



    J'ai passé ma jeunesse à apprendre les bois

    À la chasse, à la pêche, à boire avec les gars

    Un ski-doo ent'les jambes et l'orgueil dans le cœur

    Je suis devenu un homme et j'ai connu la peur



    Sur les traces de mon père, j'suis parti travailler

    Et la mine de fer est devenue réalité

    Comme l'amour de ma femme et la chaleur de mon foyer

    Et la peur de m'faire prendre tout ce que j'ai gagné



    Aujourd'hui ça m'fait mal de voir tout l’monde partir

    C'est icitte que j'suis né, c'est là que j'veux mourir

    Avec une caisse de douze, une aurore boréale

    Et la femme de ma vie couchée sous les étoiles

    Couchée sous les étoiles



    Et au bout de la ligne, c'est l'histoire qui décide

    Si le poids de nos rêves nous entraîne dans le vide

    Je suis monté à pied sur la côte du radar

    J'ai vu mourir ma ville, sous le soleil du nord



    C'est pas moé qui peut changer le cours de la vie

    Si y a personne qui reste, j'vais partir moé aussi

    Mais c'est moé qui veut fermer les lumières de la ville

    Lorsque le dernier train partira pour Sept-Îles

    Lorsque le dernier train partira pour Sept-Îles

  • 11

    Marie-Noël

    Paroles

    Marie-Noël

    Quand décembre revient

    Quand la neige neige

    Ton visage me revient

    En rafales de rires d'étoiles



    C'est nous deux à l'envers

    Quand mes rêves rêvent

    À ces noëls rouges et verts

    Nos huit ans, nos amours d'hiver



    Marie-Noël, Marie-Noël

    Petite fille, joujou fragile

    Petit Noël, de mes Noëls d'enfants



    Quand décembre revient

    Quand résonne, sonne

    Minuit, mon cœur s'en souvient

    Des manèges de boules de neige



    Tes petits grands yeux verts

    Et ta bouche rouge

    Faisaient tourner à l'envers

    Mon traîneau, mon soleil d'hiver



    Marie-Noël, Marie-Noël

    Petite fille, joujou fragile

    Petit Noël, de mes Noëls d'enfants



    Plus décembre revient

    Plus la neige neige

    Sur mes Noëls rouges et verts

    Mes huit ans, mes amours d'hiver



    Marie-Noël, Marie-Noël

    Petite fille, joujou fragile

    Petit Noël, de mes Noëls d'enfants



    Plus décembre revient

    Plus la neige neige

    Et plus mon cœur se souvient

    Nos huit ans, nos amours d'hiver